« Alors que la menstruation est un signe crucial de santé reproductive, le message qui prédomine souvent est qu’elle est un « problème » qu’il convient de résoudre discrètement, sous-entendant qu’elle est déplaisante et honteuse et doit être cachée. (...) Dans le même temps, l’absence de légitimation de la sexualité féminine peut sous-entendre que les filles qui prennent naturellement conscience de leur sexualité qui s’éveille n’ont pas une réelle maîtrise de leur corps, ce qui peut provoquer doute de soi et anxiété. (...) Ajouter la dimension de « plaisir » à l’éducation à la puberté des filles permet un rééquilibrage et une normalisation du problème. (...) À l’opposé, la puberté masculine est souvent présentée comme le début du désir sexuel et du « pouvoir » dont jouissent les garçons. Les érections et les éjaculations nocturnes, incidents pourtant potentiellement embarrassants, ne s’inscrivent généralement pas dans un récit de honte vécue, comme c’est le cas de la menstruation chez les filles. L’entrée des garçons dans la vie adulte est présentée comme un épisode exaltant, et la puberté des garçons bien plus explicitement liée à l’expérience positive de la sexualité. Si l’examen fouillé de la masculinité est absent de bien des programmes d’éducation à la puberté, c’est qu’elle est perçue comme non problématique »


Continuer à lire le dossier "La puberté -- Tu seras un homme ou une femme, mon enfant…"


Article paru dans Filiatio 26# – 1-2-3/2020